Benjamin Netanyahu

La phase « intense » de la guerre à Rafah touche à sa fin, selon Benjamin Netanyahu

La bande de Gaza continue d’être ciblée par des bombardements israéliens. En visite à Washington, le ministre israélien de la Défense s’est engagé lundi à œuvrer pour le retour des otages de Gaza et a appelé à une coopération étroite avec les États-Unis.


Israël
 pilonne mardi 25 juin la bande de Gaza à l’heure où son Premier ministre Benjamin Netanyahu évoque la fin de la phase « intense » des combats avec le Hamas palestinien, mais que les craintes d’une « nouvelle escalade » avec le Hezbollah libanais vont croissantes.

Aux premières heures mardi, des témoins ont fait état de frappes israéliennes dans différents secteurs de la bande de Gaza, y compris à Rafah, ville frontalière avec l’Égypte où Israël a lancé une opération terrestre début mai.

À Washington, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s’est entretenu avec le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, à propos des efforts pour un accord de trêve à Gaza, associé à la libération des otages, mais aussi des tensions au Liban. Antony Blinken « a souligné l’importance d’éviter une nouvelle escalade du conflit et de parvenir à une solution diplomatique qui permette aux familles israéliennes et libanaises de rentrer chez elles », a indiqué le porte-parole du département d’État, Matthew Miller.

Les échanges de tirs ces derniers mois entre l’armée israélienne et le Hezbollah libanais, mouvement islamiste allié du Hamas, armé et financé par l’Iran, ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers d’habitants des zones frontalières du sud du Liban et du nord d’Israël.

Dans un article publié dimanche, le quotidien britannique The Telegraph affirme que le Hezbollah stockait missiles et explosifs iraniens à l’aéroport de Beyrouth, dans un secteur de la capitale où le Hezbollah est prépondérant. Or de hauts responsables libanais ont défendu lundi la « réputation » de l’aéroport lors d’une visite organisée pour la presse et des diplomates pour démentir ces informations qui ont rehaussé le niveau de tensions régionales.

Lundi, l’agence officielle de presse libanaise a rapporté que « des avions de guerre hostiles ont mené trois frappes aériennes sur Jurd Massa et Jenta dans la région de Chiaara », dans l’est du Liban, sans faire état de victimes. De son côté, le Hezbollah a annoncé avoir ciblé lundi trois sites militaires israéliens de l’autre côté de la frontière.

« Après la fin de la phase intense (des combats à Gaza, NDLR), nous serons en mesure de redéployer certaines forces vers le nord, et nous le ferons, principalement à des fins défensives », avait déclaré dimanche Benjamin Netanyahu, qui fait face à un vaste mouvement de contestation en Israël.

Le jour d’après

Depuis plus d’une semaine, les manifestations se multiplient pour exiger le retour des otages toujours retenus à Gaza, et la tenue d’élections anticipées dans la foulée de la démission de deux ténors du cabinet de guerre qui exigeaient du Premier ministre un plan concret pour l’après-guerre à Gaza.

Un plan présenté fin mai par le président américain Joe Biden, proposé selon lui par Israël, prévoit un cessez-le-feu de six semaines accompagné d’un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, de la libération de certains otages et de prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Lundi au Parlement, Benjamin Netanyahu a assuré être « attaché à la proposition israélienne que le président Biden a approuvée, notre position n’a pas changé ». Mais au-delà d’une éventuelle trêve de quelques semaines, les divergences semblent toujours poindre entre Israël et les États-Unis sur l’après-guerre à Gaza.

« L’Autorité palestinienne doit faire partie » du « jour d’après » dans la bande de Gaza, a déclaré lundi l’ambassadeur américain Jacob Lew, soulignant le besoin d’une « administration civile » dans le territoire actuellement ravagé par la guerre.

Washington plaide pour une réforme de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui siège en Cisjordanie occupée, afin qu’elle puisse jouer un rôle clé dans la reconstruction politique de Gaza, et une feuille de route en vue de la reconnaissance d’un État palestinien.

Mais Benjamin Netanyahu a plutôt laissé entendre qu’Israël allait garder un « contrôle militaire » de Gaza dans un « proche avenir » tout en disant souhaiter à terme la création d’une administration civile gérée par des « Palestiniens », sans toutefois appeler l’Autorité palestinienne à jouer un rôle politique à Gaza.

Plainte contre l’Unrwa

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque menée par des commandos du Hamas dans le sud d’Israël, qui a entraîné la mort de 1 194 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 116 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 42 sont mortes, selon l’armée.

En riposte, l’armée israélienne a lancé une vaste offensive dans le territoire palestinien qui a fait jusqu’à présent 37 626 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas depuis 2007.

Outre ce bilan, la guerre a provoqué une catastrophe humanitaire dans le territoire palestinien, où les pillages et la contrebande « sont généralisés » et « empêchent » la livraison de l’aide dont la population a « désespérément besoin », a affirmé lundi Philippe Lazzarini, le chef de l’agence de l’ONU en charge des réfugiés palestiniens (Unrwa).

Les familles des personnes tuées lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre ont porté plainte lundi contre l’Unrwa, l’accusant d’avoir « aidé le Hamas à mettre en place (son) infrastructure terroriste » à Gaza, selon des documents judiciaires vus par l’AFP.

Avec AFP, France24

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