L’éléphant Happy est-elle une personne ?

L’éléphant Happy au zoo du Brox.

Elle est le premier éléphant à s’être reconnue dans un miroir. Son nom signifie « heureuse », mais l’histoire de l’éléphante d’Asie Happy, qui vit depuis 43 ans au zoo du Bronx, à New York, est bien triste.

Une triste histoire

Happy n’était qu’un bébé lorsqu’elle a été capturée en Asie, au début des années 1970. Ni elle, ni les 6 éléphanteaux qui ont été emmenés en même temps qu’elle, n’ont pu grandir aux côtés de leurs familles. Elle a été envoyée aux États-Unis pour être exposée dans des zoos : d’abord au zoo d’Hawaii, puis en Floride, puis, depuis 1977, au zoo du Bronx, à New York.

Pendant toutes ces années, Happy avait un autre éléphant comme compagnon : il s’appelait Grumpy (ce qui veut dire « grincheux » !). Mais depuis sa mort en 2006, Happy vit seule au zoo. Elle passe ses journées sans croiser un seul autre éléphant. Elle vit dans un enclos très petit par rapport au vaste territoire qu’elle pourrait parcourir si elle vivait encore en liberté. Elle s’ennuie.

La situation difficile de Happy a attiré l’attention d’associations pour la défense des droits des animaux, dont le Nonhuman Rights Project (NhRP). En octobre 2018, l’organisation a poursuivi le zoo du Bronx, pour demander qu’il soit transféré dans un sanctuaire d’éléphants dans le Tennessee et contester sa détention illégale, tout en exigeant la reconnaissance de la personnalité juridique de l’animal et de son droit à la liberté corporelle.

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Happy est ainsi entré, en février, dans l’histoire en étant l’un des premiers animaux à avoir une audience d’Habeas corpus – une procédure dont l’enjeu est de définir si l’animal peut être légalement reconnu comme une personne, et non comme un bien. Pour cela, le NhRP soutient que Happy est un être très intelligent et conscient de lui-même. Après une première décision d’un juge estimant que l’éléphant n’était pas « détenu illégalement », un nouveau jugement doit intervenir en appel, jeudi 19 novembre.

Happy et le test du miroir

Comme tous les éléphants et beaucoup d’autres animaux, Happy peut ressentir des émotions complexes, comme l’empathie ou le chagrin. Elle est aussi intelligente : elle peut, par exemple, utiliser des outils (comme un bâton pour attraper de la nourriture), faire des choix, et même distinguer précisément le passé du futur.

Elle a également conscience d’elle-même : en 2006, Happy est devenue le premier pachyderme à réussir le test de Gallup, qu’on appelle aussi test du miroir. En regardant son reflet dans un gigantesque miroir de 2,5 mètres de côté, elle a remarqué que les scientifiques avaient dessiné une croix blanche au-dessus de son œil gauche, et a frotté plusieurs fois cette marque en continuant de se regarder. Cela a prouvé aux scientifiques que les éléphants d’Asie avaient conscience d’eux-mêmes, puisqu’ils comprenaient qu’il s’agissait de leur reflet.

Depuis, de nombreux éléphants d’Asie ont réussi le test du miroir, ou utilisent parfois les miroirs pour autre chose, par exemple pour… voir à quoi ressemble l’intérieur de leurs bouches !

Un précédant avec le chimpanzé Cécilia

En novembre 2016, un tribunal argentin a pris une décision historique : il a accordé à Cecilia, une chimpanzée de 19 ans qui vivait seule dans une cage de zoo, le statut de « personne non humaine ». Libérée, Cecilia a été placée dans un sanctuaire où elle apprend désormais à profiter de l’espace, de la compagnie d’autres chimpanzés, et savoure les délicieux fruits frais qui lui sont donnés tous les jours ! !

Sources :
– Education.l214.com
– Lemonde.fr

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