Djibril Mané

Les accidents de circulation au Sénégal : bilan d’une étude exhaustive (Par Djibril Mané)

Contribution

« C’est un devoir de tous les sénégalais de faire preuve de maturité, pour garder notre pays de l’aventure et assurer son développement harmonieux selon notre propre formule », disait le juge Kéba MBAYE. Depuis ce mois de juillet jusqu’à ce jour (4 septembre 2021), le bilan sur les accidents de circulation est plus que rocambolesque. Il nous serait presque impossible de revenir sur certains détails, par respect aux familles lourdement endeuillées. Et, comme d’aucuns le disent, on ne remue pas un couteau dans une plaie béante.

Eu égard à tous les maux que le peuple sénégalais a endurés ces derniers temps, il nous semble opportun de s’arrêter, un temps soit peu, et de se poser certaines questions comme toute personne normale. Alors, nous aimerions soulever la lancinante question suivante : sommes-nous condamnés à être des victimes des accidents macabres qui risquent de réduire au néant l’homo senegalensis ?

En vue d’apporter quelques éléments de réponses à cette interrogation, on ne saurait ne pas prendre en compte ces facteurs : l’indiscipline, l’inconscience et l’insouciance notoires des conducteurs et transporteurs. L’autre facteur que nul n’est censé ignoré reste également l’état de vétusté de la quasi-totalité du parc automobile sénégalais. Et, l’on s’interroge sur la pertinence et la valeur des visites techniques. Ainsi, s’agissant des bus destinés au transport de voyageurs, il a été constaté que ceux-ci portent sur leur toit un volume de bagages qui dépasse largement la norme voire même le gabarit du bus lui-même !

En sus, il a été constaté que la moyenne d’âge des conducteurs tourne autour de 27 à 35 ans. De même, l’obtention du permis de conduire fait encore débat et reste, plus que jamais, problématique. Sous ce rapport, la maîtrise du code de la route est banalisée à tel point que certains conducteurs se glorifient du nombre d’années passé dans le milieu du transport afin de légitimer l’expérience. Certes, il est bien d’être expérimenté, mais maîtrise d’un texte n’est pas comparable à un vécu.

Cependant, nous pouvons admettre qu’il est très difficile, pour un chauffeur, de garder son calme, si l’autre conducteur ne respecte pas les normes en matière de conduite. Face à une certaine situation, le sang-froid demeure le seul remède. En effet, l’attention et la concentration sont deux notions essentielles qui font parties du comportement à adopter au volant pour plus de sécurité. En outre, rappelons qu’être conducteur, c’est aussi être responsable de sa propre vie mais également de celle des passagers. Un bon chauffeur doit systématiquement analyser la situation qui s’offre à lui afin d’être prêt à réagir avec délicatesse face à n’importe quel obstacle.

Tout de même, il faut aussi souligner l’absence de sanctions, pour ne pas dire la complicité ou le laxisme de ceux qui sont chargés de contrôler et de sanctionner. A ce sujet, il ne s’agit pas seulement de verbaliser avec véhémence, mais il faut oser envoyer certains véhicules en fourrière ou carrément à la casse tant ils constituent des dangers publics. Toutefois, il faut aussi rappeler l’état de dégradation de certaines routes. A cet effet, elles peuvent être tellement défectueuses à tel point que l’on peut être surpris par des nids de poule ou des dos-d’âne hors normes et non signalé. A titre d’exemple, nous pouvons citer l’axe Ziguinchor-Sénoba.

En définitive, nous appelons tout le monde à porter le combat pour sauver davantage des vies. Dès lors, les transporteurs et chauffeurs doivent également respecter les usagers de la route.

Djibril Mané,
UGB/ Master 2 Droit public

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