Le professeur Maurice Soudieck Dione fait le point sur les défaillances du régime de Macky Sall

Maurice Soudieck Dione est revenu sur les véritables causes  d’une vague de contestations émaillée d’une rare violence sur toute l’étendue du territoire. 

Selon le politologue, la démocratie sénégalaise est menacée par les pratiques autoritaires du Président Macky Sall et sa volonté d’étouffer toute opposition à son régime.

La RTS et le CNRA…

Dans un  entretien accordé au journal le monde, il  explique que le Président a caporalisé les médias publics, notamment la RTS (Radio-Télévision sénégalaise), confiée à un responsable de son parti, Racine Talla, qui utilise cet organe comme un instrument de propagande au service du régime. Elle écarte totalement l’opposition dans l’accès à ce média public, en violation flagrante de la loi.

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…Au banc des accusés

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) n’est pas intervenu, alors qu’il s’est montré prompt à couper le signal de deux télévisions privées, Walf TV et Sen TV, pour une durée de 72 heures, au motif qu’elles diffusaient en direct les manifestations.

Une crise sociale inouïe

Mieux, d’après l’Enseignant-chercheur en Science politique, la crise politique s’est transformée en crise sociale, libérant l’expression des frustrations qui travaillent une partie de la population. La figure d’Ousmane Sonko a certes permis de fédérer ce mécontentement, mais le contexte de l’affaire est déterminant. Le malaise de la jeunesse, les difficultés économiques, la pauvreté, le chômage, la situation des rescapés et des rapatriés de l’immigration clandestine, les restrictions de libertés liées à la pandémie ont donné une virulence et une violence particulières à cette vague de contestation. L’instauration d’un couvre-feu dans les régions de Dakar et Thiès, par exemple, pèse lourdement sur le secteur informel.

“On pouvait s’attendre aux manifestations des militants et sympathisants d’Ousmane Sonko en cas d’incarcération, d’autant que ce dernier se dit victime d’un complot pour l’écarter de la compétition politique, comme l’ont été avant lui Karim Wade et Khalifa Sall”, laisse-t-il entendre.

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